Le blues de novembre existe-t-il vraiment ? Ces petits habitudes qui font du bien quand les journées raccourcissent

Novembre n’a pas toujours très bonne réputation. Les journées raccourcissent, la lumière se fait plus rare, les températures baissent et l’envie de rester chez soi revient. Cette période peut aussi modifier notre façon de consommer : davantage de commandes, de petits plaisirs, de chauffage ou de sorties « réconfort ». Alors, comment traverser novembre sans laisser le moral… ni le budget en pâtir ?

Pourquoi novembre peut jouer sur notre humeur… et nos dépenses

Il suffit parfois de regarder par la fenêtre à 17 heures pour comprendre pourquoi novembre peut sembler un peu plus difficile. En métropole, la nuit tombe tôt, les températures diminuent et les activités extérieures deviennent parfois moins spontanées.
Notre quotidien se déplace alors davantage vers l’intérieur.
On passe plus de temps chez soi, on cuisine différemment, on ressort les vêtements chauds, on utilise davantage l’éclairage et parfois le chauffage. Les soirées dehors peuvent laisser place aux plateformes de streaming, aux livraisons de repas ou aux achats en ligne. Autrement dit, un changement de saison peut aussi devenir un changement de consommation.
Et ce phénomène est d’autant plus intéressant en novembre que le mois est particulièrement chargé sur le plan commercial. Les promotions commencent à apparaître plusieurs semaines avant le Black Friday, les vitrines de Noël s’installent et les sollicitations sont nombreuses.
Lorsque le moral est un peu moins haut ou que les journées semblent monotones, il peut être tentant de compenser avec de petits achats.
Un nouveau pull par-ci, une commande à emporter par-là, une bougie, une décoration, un abonnement supplémentaire… Pris séparément, ces achats paraissent souvent anodins. Additionnés sur plusieurs semaines, ils peuvent pourtant peser davantage que prévu.

Le budget « réconfort » peut vite s’installer sans qu’on le remarque

Les dépenses liées au plaisir ne sont évidemment pas à bannir. Se faire plaisir fait aussi partie d’un budget équilibré. Le problème apparaît surtout lorsque le petit plaisir devient automatique.
Une journée pluvieuse ? On commande à manger.
Une soirée un peu longue ? On ajoute quelques produits à son panier en ligne.
Un coup de fatigue ? On s’offre quelque chose « parce qu’on le mérite ».

Ces achats ne sont pas nécessairement importants, mais leur fréquence peut augmenter à cette période de l’année. C’est ce que l’on pourrait appeler un budget réconfort : toutes ces petites dépenses que l’on réalise pour rendre la saison plus agréable.
Plutôt que de vouloir les supprimer complètement, il peut être intéressant de les identifier. On peut par exemple prévoir une petite enveloppe mensuelle dédiée aux sorties, aux plaisirs ou aux achats non essentiels.
L’objectif n’est pas de culpabiliser au moment de dépenser, mais au contraire de pouvoir profiter de ces dépenses parce qu’elles ont été anticipées.

Retrouver des plaisirs simples qui ne coûtent presque rien

Lorsque les journées raccourcissent, il est facile d’associer « se faire du bien » à « acheter quelque chose ». Pourtant, de nombreux plaisirs de saison coûtent très peu, voire rien.
Une balade lorsqu’il fait encore jour, un film à la maison, un dîner improvisé avec des amis, une session cuisine, une soirée jeux, un appel à un proche ou quelques heures consacrées à un loisir délaissé peuvent suffire à casser la routine.
Quelques idées simples :

  • organiser une soirée film avec ce que l’on a déjà à la maison ;
  • cuisiner un plat réconfortant plutôt que commander systématiquement ;
  • profiter des bibliothèques et médiathèques de sa ville ;
  • programmer une promenade le week-end ;
  • inviter des proches pour un goûter ou un dîner participatif ;
  • ressortir un jeu de société, un livre ou une activité laissée de côté ;
  • repérer les événements gratuits organisés près de chez soi.

L’intérêt est double : on crée des moments agréables tout en évitant que chaque envie de réconfort se transforme en dépense.

Se créer des rendez-vous pour éviter les achats par ennui

Novembre peut parfois donner l’impression que les semaines se ressemblent. Et l’ennui est un terrain particulièrement favorable aux achats impulsifs.
Il suffit d’ouvrir son téléphone pour être exposé à des dizaines de publicités, de recommandations de produits et d’offres limitées. Une petite session sur les réseaux sociaux peut rapidement se terminer sur un site marchand.
Se créer quelques rendez-vous dans la semaine peut donc être une bonne façon de remplir son temps autrement.

Petite habitudeEffet sur le quotidienEffet possible sur le budget
Soirée cuisineMoment convivialMoins de livraisons ou de plats préparés
Balade le week-endPermet de sortir et de prendre l’airActivité gratuite
Soirée jeuxCrée un rendez-vous familial ou entre amisPas besoin de sortie coûteuse
MédiathèquePermet de lire ou découvrir des filmsAlternative aux achats de livres ou abonnements
Déjeuner maison entre amisMaintient le lien socialSouvent moins cher qu’un restaurant
Activité créativeOccupe les longues soiréesLimite les achats faits par ennui

Il ne s’agit pas de remplacer systématiquement chaque activité payante par une alternative gratuite. Le véritable objectif est plutôt de retrouver un équilibre entre dépenses plaisir et activités qui ne nécessitent pas de sortir la carte bancaire.

Faire attention aux dépenses liées au retour du froid

Novembre marque également le retour de certaines dépenses plus concrètes. Lorsque les températures diminuent, la consommation d’énergie peut augmenter. Chauffage, éclairage, sèche-linge ou appareils utilisés plus longtemps à la maison peuvent progressivement peser sur les factures.
Sans transformer son logement en igloo, quelques habitudes simples peuvent permettre de limiter les consommations inutiles.
Fermer les volets lorsque la nuit tombe, éviter de chauffer les pièces inutilisées, vérifier que les radiateurs ne sont pas obstrués ou encore éteindre les lumières dans les pièces vides sont des gestes assez basiques, mais qui peuvent compter à l’échelle de toute une saison.
Novembre peut également être un bon moment pour regarder ses contrats et abonnements. Avec les longues soirées à la maison, il arrive que l’on multiplie les plateformes de streaming, les applications ou les abonnements de loisirs. Faire un rapide tour de ses prélèvements peut parfois révéler des services que l’on paie encore alors qu’on ne les utilise presque plus.

Se méfier du « je reste chez moi donc je dépense moins »

Rester davantage chez soi peut donner l’impression de réduire naturellement ses dépenses. Ce n’est pas toujours le cas. Les achats se déplacent simplement.
On sort peut-être moins au restaurant, mais on commande davantage. On fait moins les magasins, mais on achète plus en ligne. On évite une sortie, mais on s’offre un abonnement ou un nouvel équipement pour la maison.

Le commerce en ligne rend d’ailleurs la dépense extrêmement simple : quelques clics suffisent, sans même avoir l’impression de réellement « sortir de l’argent ».
C’est pourquoi il peut être utile d’instaurer une règle très simple pour les achats non essentiels : attendre 24 ou 48 heures avant de valider le panier. Si l’envie est toujours là deux jours plus tard et que l’achat correspond au budget disponible, pourquoi pas ?
Mais dans de nombreux cas, l’envie disparaît aussi vite qu’elle est apparue.

Novembre est aussi le mois où les promotions commencent à nous poursuivre

Impossible de parler de novembre sans évoquer les promotions. Black Friday, Black Week, ventes privées, avant-premières, offres flash… Les réductions commencent désormais bien avant la date officielle.
Et les techniques commerciales jouent précisément sur notre sentiment d’urgence. « Plus que 2 heures. » ; « Derniers articles disponibles. » ; « Offre réservée aux 100 premiers clients. »

Face à ces messages, il devient plus facile d’acheter rapidement sans se demander si l’on avait réellement besoin du produit.
Une promotion n’est pourtant intéressante que si elle concerne un achat que l’on avait déjà prévu.
Acheter un produit à 70 euros au lieu de 100 euros ne représente pas 30 euros d’économie si l’on n’avait aucune intention de l’acheter au départ. Cela reste avant tout 70 euros dépensés.
À l’approche du Black Friday, novembre peut donc être un bon mois pour commencer une petite liste des achats réellement nécessaires. Si un produit que l’on devait acheter est ensuite proposé à un prix intéressant, la réduction peut avoir du sens. Sinon, le meilleur moyen d’économiser reste parfois simplement… de ne rien acheter.

Préparer doucement les dépenses de fin d’année

Novembre est également le dernier mois complet avant les fêtes. Cadeaux, repas, déplacements, décorations, sorties, vacances… Décembre peut vite devenir l’un des mois les plus chargés financièrement de l’année. Attendre les dernières semaines pour tout organiser augmente souvent la pression, mais aussi le risque de dépenser davantage. Novembre peut donc servir de mois de préparation.
Il est possible de commencer à déterminer le budget consacré aux cadeaux, de noter les personnes à qui l’on souhaite en offrir, d’anticiper certains déplacements ou encore de réfléchir au menu des fêtes. Cette organisation permet aussi de profiter des promotions avec davantage de recul.
Au lieu de naviguer sur les sites en se demandant ce que l’on pourrait acheter, on sait déjà ce que l’on cherche et combien on souhaite dépenser.

Accepter de ralentir sans vouloir se récompenser en permanence

Le changement de saison peut aussi être l’occasion de modifier notre rapport au temps. Pendant les beaux jours, les journées semblent plus longues et les activités s’enchaînent. En novembre, le rythme devient parfois naturellement plus calme. Ce ralentissement n’est pas nécessairement négatif.
Le problème est que nous avons parfois pris l’habitude de transformer chaque moment de fatigue, d’ennui ou de baisse de moral en occasion de consommer. Une soirée libre n’a pas obligatoirement besoin de devenir une soirée shopping. Un week-end sans programme n’est pas nécessairement quelque chose qu’il faut remplir à tout prix.
Et prendre du temps pour soi n’implique pas forcément d’aller dans un spa, de commander un brunch ou de s’offrir quelque chose. Parfois, ralentir signifie justement retrouver des choses très simples.

Et dans les territoires ultramarins ?

Évidemment, novembre ne se vit pas de la même manière partout. À La Réunion, cette période correspond au printemps austral et annonce progressivement l’arrivée de températures plus élevées. Aux Antilles et en Guyane, le rythme des saisons est également très différent de celui de la métropole. Le « blues de novembre » associé aux longues soirées froides est donc surtout une réalité métropolitaine.
En revanche, les mécanismes de consommation propres au mois de novembre concernent beaucoup plus largement l’ensemble des territoires. Black Friday, achats en ligne, anticipation des fêtes ou multiplication des promotions dépassent largement les questions de météo.
Quel que soit l’endroit où l’on vit, la fin d’année peut donc être un bon moment pour observer ses habitudes et distinguer les dépenses réellement utiles de celles réalisées presque automatiquement.

Faire de novembre un mois plus doux… pour soi et pour son portefeuille

Novembre ne deviendra peut-être jamais le mois préféré de tout le monde. Mais il peut être l’occasion de ralentir, de retrouver certaines habitudes et de porter un regard un peu différent sur sa consommation.
Il ne s’agit pas de passer quatre semaines sans acheter quoi que ce soit, ni de transformer chaque plaisir en calcul financier.
L’idée est simplement de comprendre que prendre soin de soi et prendre soin de son budget ne sont pas forcément deux choses opposées.
Prévoir quelques dépenses plaisir, anticiper les fêtes, profiter d’activités gratuites, limiter les achats impulsifs ou simplement retrouver le plaisir d’une soirée tranquille peuvent déjà changer la manière dont on vit cette période.
Finalement, le meilleur antidote au blues de novembre n’est peut-être pas un nouveau panier rempli en ligne.
C’est parfois simplement un peu de lumière, une soirée avec des proches, un bon repas maison… et la satisfaction de profiter du moment sans avoir besoin de dépenser plus.